lundi 21 mai 2007

Prière

Dans la pénombre, à certains moments, il y a des court-circuits spatio-temporels. Soudainement d´affreux cris des femmes poignardent mes oüis et le squonk, frappé par la peur, se met à pleurer jusque ce qu´il se fond en larmes. Les lumières rouges commencent à attaquer, j´écoute aussi les cris des enfants torturés, des fumées sufreuses émanent comme la rage d´une bête des mondes souterrains. À ce moment vient à ma tête une prière sauvage (un chant extrêmement mélancolique):

Ange,
Monstre,
Ange,
Monstre,
Ange,
Monstre
(et ainsi jusque ce qu´il le faille)

et tout d´un coup, la pénombre bleuâtre revient avec le silence qui caracterise ma catacombe millénaire...

mercredi 16 mai 2007

Retour


Hier j´ai découvert que les allées de ce temple secret, menènt parfois à des petits espaces extérieurs taillés au milieu des enormes murs de pierre. Ces "trous" sont si profondement ancrés dans les entrailles de la pierre que les rayons du soleil n´y pénètrent que quand l´astre se trouve au zénith. Néanmoins, celui que j´ai découvert hier était d´une étrange beauté car la masse rocheuse servait de tremplin à une chute d´eau si limpide que j´ai pu assouvir ma soif de ce précieux liquide, glacé il y a quelque secondes seulement, juste tombé du ciel andin.

Une fois me reposant là-bas - je n´avais pas vu les rayons du soleil depuis longtemps - j´ai songé à la Belgique, à Bruxelles, à mon enfance et, surtout, à Edgar Allan Poe, l´âme la plus gigantesque, lumineuse, sensible et intelligente que j´aie eu opportunité de rencontrer; que ce soit au travers de ses livres n´est pas un hasard mais la façon la plus subtile que les hommes aient créée por pouvoir transcendre le temps.

Poe, j´en suis sure, c´est le seul homme, être humain, vivant ou mort, qui me comprend totalement car je sens que je le comprends ainsi. Je me souviens avec frissons du jour où j´ai découvert une traduction de "La Chute de la Maison Usher" de Baudelaire cachée parmi les tonnes de livres que ma vieille maison, de style art-nouveau typiquement ixellois, gardait dans son intérieur. C´est paradoxale mais, plutôt que dans l´ambiance caractéristiquement sombre et glauque des étangs d´Ixelles (en face de chez moi) durant l´année, c´était au cours d´un été; quand la brise semble venir fraiche des lueurs argentées de la lune. Oui, j´ai lu et relu "La Chute...", et "Manuscrit trouvé dans une bouteille", et "Bérénice" et "William Wilson"... ces quatre bijoux qui avaient resté endormis durant douze ans de ma vie. J´ouvrais les yeux à nouveau à la vie, à la lumière, gothique lumière mais lumière enfin, je m´éveillais au monde des symboles avec une émotion indescriptible, comme un enfant qui trouve un univers nouveau dans sa cachette. Me promenant tous les jours à l´heure du crépuscule autour des étangs, des vieux arbres et des fausses ruines, avec le bouquin entre mains et l´univers de l´âme la plus fantastique qui ait existé dans l´esprit, je sentais que je n´était plus seule dans le monde, que je ne serais plus jamais seule...

Oui, un des mes premiers souvenirs était une parodie du Corbeau dans Les Simpsons, je pensais que c´était un souvenir rempli d´erreur et qu´un truc semblable n´existait pas hors de ma tête. Oui, j´en était excitée déjà a cette époque là, quand j´étais une petite gamine. Ma mère, après que j´aie redécouvert le poète américan, m´a raconté que j´avais été toujours attirée par son esprit lugubre et morbide.

Si seulement j´avais une de ces nouvelles devant mes yeux... Je me rappelle d´une phrase, phrase restée dans mon coeur comme une plaie de lumière et d´intelligence: "... il y a une mer où le navire lui-même grossit comme le corps vivant d´un marin". Avec cette idée en tête je me suis endormie à la chaleur de la peau callieuse de mon chèr squonk.

mardi 15 mai 2007

La Chambre d´Echo


Ce que tu vois, ce ne sont que des morceaux de toi.

lundi 7 mai 2007

Fanny est morte

Fanny est morte, Fanny est une salope, disait la voix avec une mechanceté d´autre monde; une réalité rouge-sang, stroboscopique, sculptée par les grimaces des effrayés. Douleur et chagrin, douleur et chagrin, continuait la voix moqueuse à l´allure alcoolisée: et douleur et chagrin.

Il fait froid à l´intérieur… là où je suis à jamais perdue.

vendredi 4 mai 2007

Le rêve de Fanny


Je me promenais seule dans un jardin si beau, si lumineux que mon corps semblait voler sur lui même de joie. Malgré la nuit je voyais, malgré le vent j´étais excitée comme un oiseaux qui ose pour la première fois. Devant l´abîme. Les yeux fixés sur l´au delà pourpre du crépuscule magique: ciel ou mort, je pensais, mort ou ciel. Mais ici je ne resterai pas. Une rivière de lait assouvissait la soif d´un mamifère tendre et amical. Je flottais en caressant la pelouse avec mes orteils. Tout autour de moi, moi autour de tout, la flutte et la voix lointaine, féminine voix lointaine, et les vibrations d´une corde émouvante..

Le charme s´est evanoui quand, devant mes yeux, la douce bête est devenue lentement, mais grottesquement, mon ami squonk et le souffle de soirée printanière, un vent gelé qui parcourait les sombres couloirs du labyrinthe de temps en temps: “La Pierre est du feu congelé” m´a chouchouté une voix. J´étais reveillée, à nouveau.

mercredi 25 avril 2007

La découverte


À la suite de l´accident j´ai perdu completèment connaissance. Après avoir vu la boucherie qu´était devenu le bus où je voyageait, j´ai entrepris la difficile tâche de descendre vers je ne sais pas où. À un moment donné la descente était si difficile que je n´ai pas su continuer et suis tombée je ne sais pas combien de mettres plus bas. Quand j´ai ouvert les yeux, je me suis trouvée à l´intérieur d´une fôret très humide, d´apparence enchantée comme dans les films de Tim Burton, avec des arbres anthropomorphes, avec les regards cachés d´animaux magiques. Il faisait froid, froid comme j´avais jamais senti dans ma vie. Mes vêtements étaient dechirés, ma peau blesée et rose pâle. Il y avait un vent qui semblait venir d´autre monde, à ce moment j´ai su que le lieu où j´avais aterri était plus qu´un lieu physique, il s´agissait, en fait, d´un vortex vers les entraîlles du monde. La grotte que j´ai vu au départ, je ne l´ai su que beaucoup plus loin dans l´histoire, n´était pas une grotte mais la bouche d´un monstre fabuleux, l´architecture irrationnelle de ses couloirs, ses intestins et les ruisseaux souterrains les veines et les artères de cet être qui contient tant d´autres êtres comme le Squonk dont je vous ai parlé... Et comme pour tout être vivant, les actions et rêves de ce monstre géant affectent directement l´agir et les rêves des créatures qui habitent son intérieur. La découverte de cette situation a tout changé dans le devenir de mon aventure.

mercredi 18 avril 2007

Ombre et image

Tout se confond: la peau et les viscères, les idées et le temps. Je ne sais pas combien de mois ou d´années je suis ici. Je soupçonne même que le corps abîmé ici n´est pas du tout le même qui partait jadis de l´aeroport de Bruxelles ayant comme destin l´Amérique du Sud. Je ne sais pas si je suis une femme encore ou une espèce androgyne de monstre avec des traits humains capable de tuer avec ses propres mains, ses propres griffes pour se mettre quelque chose dans la bouche: des insectes, des grenouilles, des gnomes et, c´est le plus délicieux, ses propres doigts (qui, miraculeusement, se regénérent avec une vitesse qui n´est pas celle du monde des objets) La matière, dans ce labyrinthe, coule sans cesse; de là vient l´impossibilité de mourir pour ceux qui l´habitent et la malédiction de devoir muter à chaque clin d´oeil. À l´intérieur de ces couloirs, la chair ne s´éteint jamais... mais plutôt elle brûle comme un incendie estival. À l´intérieur elle brûle, à l´extérieur moi aussi. Et pourtant tout reste dans le noir...